Drinking back, drinking for two, drinking with you





okay alors en vrac :

° j’ai à nouveau le wifi depuis plus ou moins une semaine.
° ma prof de piano a rejoint le groupe des inconditionnels de baricco grâce à moi.
° je suis allée à la dédicace de pénélope jolicoeur, j’ai attendu deux heures dans la librairie et je me suis finalement enfuie l’estomac criant famine (avec ma kassedédi sous le bras).
° le concert de cocoon est mercredi et j’ai toujours la place de noémi à revendre.
° j’ai beaucoup de peine à travailler mes cours, du coup j’ai affiché sur mon ancien écran un post-it qui ne m’aide pas plus que ça.
° et pour finir, je me dois de partager avec vous ces keywords (so laule) :

- pourquoi une crise d'urticaire sur les fesses
- emile hirsch torse nu
- fini les aureoles solution de grand mere

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bande son : Bark Psychosis - From what is said to when it's read
humeur du moment : mmh.

How many special people change





Je pense avoir mis quelque chose comme 10 jours pour convertir toute ma musique en .aac et la classer. Ensuite, je me suis attelée à la longue et pénible tâche du rangement d’images (= trier + retoucher des photos non classées depuis février) et de fichiers en tout genre (2 heures pour les marque-pages, haha). Tout ça pour dire qu’à part avoir failli mourir d’une crise d’urticaire quand mon dde n’était plus reconnu par mon inspiron chéri, je suis tombée sur des fichiers très rigolos. Style des photos prises avec ma vieille webcam quand je devais avoir 14 ans : mes converse sur l’écran de mon ordi, mon mascara, etc. Et toujours avec de bonnes et belles retouches photoshopées ; du contraste en veux-tu en voilà, et prends-toi des couleurs cheloues et flashy dans ta face. Je sais que tout le monde meurt d’envie de voir ces merveilles... tadadidam poumpoumpidou :




Bon heureusement que je signais, au cas où on aurait voulu me publier sur skyblog.
Enfin voilà, je voulais aussi vous dire qu’en rangeant mon ordi, je suis arrivée à la conclusion que les nineties, c’était quand même vachement bien. Je dis pas ça parce que j’y étais (ce qui ne serait qu’à moitié vrai), mais plutôt pour des trucs du genre :

- 1990 : Mazzy Star sortait son premier album, She hangs brightly, qui envoie le pâté.

- 1991 : Nevermind de Nirvana et l’album éponyme de Metallica.

- 1992 : Dry de PJ Harvey et Tostaky de Noir Désir.

- 1993 : Pablo Honey de Radiohead. Woohoo !

- 1994 : Grace de Jeff Buckley et The Division Bell de Pink Floyd (!!!). Complètement transcendant. J’en pleure rien qu’à y penser (enfin presque). Et Dummy de Portishead, aussi ! Il ne faudrait pas les oublier...

- 1995 : Ask me tomorrow de Mojave 3 et les débuts de Cat Power avec Dear Sir.

- 1996 : If you’re feeling sinister de Belle and Sebastian (énorme) et No Code de Pearl Jam.

- 1997 : le premier album d’Archive (plus ou moins le seul qui en vaille vraiment la peine), Londinium (énormissime), et Sympathique de Pink Martini (je ne veux pas travaillerrrr). Mais surtout SURTOUT, le grand, l’immense, l’incroyable : OK Computer de Radiohead. Putain 97 c’était trop d’la balle...

- 1998 : Big Calm de Morcheeba et Adore des Smashing Pumpkins.

- 1999 : Californication des Red Hot (j’étais même amoureuse d’Anthony Kiedis) et I oughtta give you a Shot in the Head for making me live in this Dump de Shivaree.

En gros : rock, pop et trip hop ! Mais bon, à côté de ça, y avait aussi Céline Dion et Jean-Jacques Goldman qui font (un peu) de l’ombre à ce beau tableau.

Enfin, là je ne vous parle que de musique. Mais en 1991, Baricco sort son premier roman, Châteaux de la colère et en 1993 Océan mer. Je vais pas tous les citer car ce serait trop long... Mais pour la peine, comme j’ai relu Novecento (1994 comme le dernier album des Floyd... c’est un signe !) pendant ma retraite dans les Alpes, j’ai repéré quelques nouveaux passages à ajouter à mon fichier de citations baricciennes (= j’ai fait des petites croix dans le coin supérieur des pages en attendant de les recopier quelque part) :

« Quand tu ne sais pas ce que c’est, alors c’est du jazz. »

« Mais ce qui ne nous arrivera plus jamais, ça vous pouvez en jurer, c’est d’être assis là, le cul posé sur dix centimètres de fauteuil au-dessus de plusieurs centaines de mètres cubes d’eau, en plein milieu de l’Océan, avec ce miracle devant vos yeux, cette merveille dans vos oreilles, ce rythme dans vos pieds et, dans votre coeur, le sound de l’unique, de l’inimitable, de l’immensément grand ATLANTIC JAZZ BAND!!!!! »

« Bref, quelqu’un alla trouver Jelly Roll Morton et lui dit : il y a un type, sur ce bateau, au piano il fait ce qu’il veut. S’il a envie, il joue du jazz, mais s’il n’a pas envie, il te joue un truc, c’est comme vingt jazz à la fois. »

« Jelly Roll faisait la tête du type à qui on a volé tous ses cadeaux de Noël. Avec deux yeux de loup, il foudroya Novecento et se rassit au piano. Il envoya un blues à faire pleurer un mécano allemand, tu aurais dit qu’il y avait tout le coton de tous les nègres du monde là-dedans, et que lui, il était en train de le ramasser, avec ces notes-là. Un truc à y laisser ton âme. »

« Accoudé à la rambarde, sur le pont des troisièmes classes, Novecento le vit descendre, avec son beau costume blanc et toutes ses valises, de belles valises en cuir clair. Et je me souviens qu’il dit seulement :
« Et au cul aussi le jazz. » »

Voilà. Si je vous ai soulé, tant pis mais fallait que ça sorte !

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Bande son : Supergrass - Kick in the Teeth
Titre de la note : Oasis avec Champagne Supernova (encore les 90s)
Et maintenant : je vais essayer d’installer dotclear 2.

I leave here believing more than I had





Je ne crois pas aux coïncidences. Mais quand j’ai très envie de revoir Into the wild depuis ma sortie de la salle de ciné et que Noémi me dit qu’elle va le voir en VF (ce qui est un sacrilège), je ne peux que me dévouer pour y aller avec elle (et 3 amies) à Lausanne pour la VO.
Résultat des courses : je l’ai revu pour de vrai et il est toujours aussi magnifique. Noémi m’a dit "il me semble que c’est un peu comme Océan mer, tu peux regarder n’importe où, juste un moment, c’est bien". Et c’est exactement ce que je me disais pendant la séance. Peut-être que Sean Penn est devenu le Baricco du cinéma, ou alors Emile Hirsch est une sorte d'Adam en moins tordu. Toujours est-il que je vais attendre patiemment la sortie en DVD et que je m’offrirais par la même occasion la BO et puis Babel aussi, tiens.

Et voilà trois notes de suite pour parler d’Into the wild ; j’ai peur d’avoir viré groupie (sans compter mon agenda sur lequel j’ai collé une, deux trois photos). D’ailleurs, les mauvaises langues disent que je n’y suis retourné que pour le beau Emile tout nu dans la rivière, mais je maintiens que non(, pas seulement).

Rather than love, than money, than faith, than fame, than fairness, give me truth.

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Bande son : Eddie Vedder - Long Nights (forcément)
Humeur du moment : mais hannn !
Image : à ton avis...

A symphony that’s you





Ces derniers temps, je ne fais que des listes. Entre ce que je dois acheter chez Ikea et ce qu’il me reste à faire cette semaine, je vous ai concocté mon top 3 des meilleurs moments de la semaine dernière.

#3 quand j’ai préparé des tagliatelle au ketchup / parmesan (le premier qui râle, je le fouette) en écoutant Kings of Convenience (et en sautillant dans ma cuisine)

#2 quand A. m’a dit que j’avais des abdos. Comme quoi faire 30 minutes de sport par semaine n’est pas vain

#1 quand j’ai découvert la sortie en poche de Homère, Iliade de Baricco, di diou ! Par contre il ne m’enchante pas plus que ça pour le moment

Un petit extrait malgré tout pour le plaisir des yeux :
« Je veux vous raconter ce que je sais, pour que vous compreniez à votre tour ce que j’ai compris : la guerre est une obsession de vieux, qui envoient les jeunes la faire. »

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Bande son : Metallica - Nothing else matters
Pic’ : un bonbon pour celui qui trouve de quoi il s’agit.

In the future I will read at night



Ca faisait longtemps, tout un florilège de keywords :

- ouioui le marin
- les caissières de tati barbes
- bruitage mp3 areuh-areuh
- portrait physique et morale de jorge bush (commence par écrire correctement)
- mets favoris des hawaiien
- que faire si mon hamster s enfuit de sa cage (lui courrir derrière ?)
- jessica simpson a t elle msn?
- amoureux de ma prof lausanne (MOUAHAHAH)
- un hamster ne connait que trois endroits dans sa cage mathématiques
- alessandro baricco ocean mer resume phenix (quelle injure de lire un résumé d’Océan mer)
- arcade fire jessica simpson (quelle injure (bis))

Sinon, je me suis rappelé avoir souri cet hiver, quand j’attendais le bus dans le froid, le vent, la neige, tout en lisant Baricco, les doigts gelés.

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Bande son : Arcade Fire - Neon Bible
Humeur du moment : zzzz.
Et puis aussi : ma galerie ?

She was all right cause the sea was so airtight





Une gorge nouée, du stress, une boule au ventre, du stress, des mains qui tremblent, et encore un peu de stress plus tard : un examen de passé. La sarabande et l’air de Bach m’ont à moitié tuée, je me suis relevée avec peine pendant l’étude de Moszkowski et j’ai achevé les experts avec la danza de la moza donosa de Ginastera. Quelques heures sont passées et je suis toujours aussi frustrée de m’être glorieusement plantée sur cette sarabande que je savais pourtant si bien; effet boule de neige et je ne savais plus ma main gauche sur l’air. J’n’aime pas le par cœur, encore moins quand il s’agit de Bach.
Laissons place à l’Allegro appassionato de Saint-Saëns (que je dois encore apprendre) pour fin mai, voire début juin. Accompagner a du bon : moins de trac, plus de plaisir.

Je sais que mes assidus lecteurs se posent tous la fameuse question TMïque (ou pas). Ca avance, lentement mais sûrement. J’en suis rendue à quelques 50 photos que je juge bonne (environ 800 si on compte les pourries... ne les comptons pas).

Au fait, j’ai commencé Novecento de Baricco en italien il y a déjà un bon bout de temps, je devrais peut-être m’y remettre.

« rivoglio l’acqua che sapevi tu
rivoglio il mare
silenzio
luce
e pesci volante
sopra
a volare. »

« je reveux l’eau que tu connais
je reveux la mer
le silence
la lumière
et les poissons volants
dessus
qui volent. »

BARICCO Alessandro, Novecento, 1994
(traduction de Françoise Brun sous la vo.)

/ edit : 18h55 - ma prof vient de m’appeler... j’ai eu "très bien" et je suis désignée pour faire la clotûre à la fin de l’année avec Ginastera... bordel...

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Bande son + titre : Interpol – Stella was a diver and she was always down
Humeur du moment : tralala zouin zouin pouèt pouèt.
Et puis aussi : je viens de remarquer que je parle de Baricco à peu près une note sur deux...

When you said tulips





Je ne sais pas ce qui est le plus flippant entre devoir apprendre une étude complètement hardcore et Danza de la moza donosa de Ginastera par coeur pour le 10 mars. Peut-être que les deux se valent.
J’ai reçu ce matin mon 20D et je suis quelque peu enthousiasmée. Je crois que ça ne pouvait pas mieux tomber : TM + projet d’arts visuels en photos, c’est le talon d’Achille, dude. A ce propos, l’image (pas encore passée par Photoshop et prise avec le 300D) ci-dessus est le Flon.
Pour finir, peut-on dire que l’on est vraiment atteinte à partir du moment où l’on parle de Baricco (le grand, l’immense, l’unique) dans ses dissert’ de français ?

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Bande son : Liszt, Franz - Consolation No.3
Humeur du moment : mais quel piqué !
Et puis aussi : je vais aller mater D&CO en apprenant ma psycho (Piaget, encore et toujours)

You don’t really care for music, do you ?





Comment pourrais-je commencer cette note-anniversaire (J-2) sans placer une citation de Baricco?

« Puis il approche le pinceau du visage de la femme, hésite un instant, le pose sur les lèvres et lentement le fait glisser d’un coin à l’autre de la bouche. Les soies se teignent de rouge carmin. Il les regarde, les trempe à peine dans l’eau, et relève les yeux vers la mer. Sur les lèvres de la femme reste l’ombre d’une saveur qui l’oblige à penser « de l’eau de mer, cet homme peint avec de l’eau de mer » – et c’est une pensée qui fait frissonner. »

Océan mer, évidemment. Oceano mare, ovviamente.

Si je regarde la note que j’avais écrit l’année dernière, je ne vois pas trop quoi ajouter. J’aurais sincèrement voulu qu’il neige pour mon anniversaire, mais je crois ça ne se reproduira pas avant un bon bout de temps. Si tout se passe bien, je devrais avoir un 20D en ma possession d’ici mi-février au plus tard, et, tout bientôt, un graaaaaand lit (ma sœur m’a offert le sommier, il ne me reste plus qu’à peindre son vieux cadre de lit en rouge et de faire ma tête de lit avec de jolies photos).
Cette année, j’ai réussi à arrêter mes crises capilaires et ai décidé de laisser pousser mes cheveux, histoire d’essayer de ressembler à Chan Marshall. C’est pas gagné, mais j’y crois. J’ai également beaucoup photographié de choses insignifiantes et de regards-magiques-yeux-dorés (pas que les siens), mais je n’écris plus. Ou si peu.
Parmi les évènements marquants de cette année, je place en première place l’hypocrisie humaine de plus en plus présente et pesante, surtout. Ensuite vient mon sevrage à Internet, qui n’était ni prévu ni attendu.
Pour ma dernière année avant la majorité (quand même...), j’aimerais aller à Turin, me prosterner devant l’immeuble de Baricco, le rencontrer, lui dire tout ce que je pense de lui, lire ses livres en italien, photographier des gens, retrouver un semblant d’envie pour écrire, me remettre au dessin (histoire de ne pas laisser ma tablette graphique moisir au fond de mon placard), et convaincre encore un peu plus de gens que l’écologie, c’est l’avenir.
Pour commencer, participez aux 5 minutes de répit pour la planète.

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Bande son : Syd Matters - End and start again
Humeur du moment : appréhension, honey.
Image : représentation de La Dispute de Marivaux (~2004) et, accessoirement, mon fond d’écran.

Peace, ecology and love





« De l’autre côté des vitres, sans une plainte, tous les nuages ont rendu l’âme, et brille l’air limpide, aveuglant, d’une journée ressuscitée du néant. »


Pas de neige, pas de vent, rien. Juste un capital 20D qui augmente, semaine après semaine et qui pourrait bien se voir fondre début février. Que demander de plus pour bien commencer mon TM ? En parlant de lui, il faut toujours que je me trouve un itinéraire, donc si quelqu’un pouvait me trouver un joli parcours dans le canton de Vaud avec, si possible, de l’eau, de la montagne et du plat – un peu de tout, quoi –, j’en serais fort heureuse. J’ai bien pensé à descendre la Venoge, mais c’est un peu beaucoup très long. Ceci n’est pas un appel à l’aide, ni à témoin, d’ailleurs.

Marre de la génération beauf (dixit ma mère) qui ne jure que par ses photos webcamées (grand art question pointillisme, dixit M.). Ces poufions et poufiasses qui ne beuglent que des ‘oh’, ‘hein’ et autres ‘koaaaa’, sans parler des ‘gueule ta’ à leurs camarades de trottoir, commencent sérieusement à me les briser avec leur égoïsme à deux balles. Quand comprendront-ils que la culture, ça n’est pas le mal, contrairement au fait de monter les radiateurs au maximum, quitte à suinter la connerie ?
Une caractéristique du poufion de base des plus intéressantes, selon ma soeur : écouter de la ‘musique’ dans la rue le plus fort possible sur son portable pour grandir son sentiment d’exclusion et d’appartenance à une cité (ou téci, c’est selon).
La génération beauf m’accable.

Pour me remonter le moral – car il ne faut pas oublier que nous sommes le 25 décembre : une jolie souris qui roule et une tablette graphique.
Sans oublier que je me suis visionné la trilogie du Seigneur des Anneaux en deux jours, et que, oui, il faut bien l’avouer, ça m’a fait plaisir (si on ne compte pas les apparitions plus que douteuses d’Arwen la voleuse de rôle) !


« - Quelque fois je me demande ce que nous sommes en train d’attendre.
Silence.
- Qu’il soit trop tard, madame.

C’aurait pu continuer ainsi toujours.
»

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Bande son : Cat Power – Half of you
Livre du moment : Marguerite Yourcenar – Nouvelles orientales
Citations : Alessandro Baricco – Océan mer (what else ?)

red fire is what you breathe





« Posée sur la corniche ultime du monde, à un pas de la fin de la mer, la pension Almayer laissait, ce soir-là encore, l’obscurité réduire peu à peu au silence les couleurs de ses murs : et celles de la terre tout entière et de l’océan tout entier. »

« [...] elle était la haine et le désespoir, elle était la pitié et le renoncement, elle est ce sang et cette chair, elle est cette horreur et cette splendeur. Il n’y a pas de radeau, il n’y a pas d’hommes, il n’y a pas de paroles, de sentiments, de gestes, rien. Il n’y a pas de coupables ni d’innocents, de condamnés ni de sauvés. Il y a seulement la mer. Tout n’est plus que mer. Nous, abandonnés de la terre, nous sommes devenus le ventre de la mer, et le ventre de la mer c’est nous, et en nous elle vit et respire. Et moi je la regarde qui danse dans son manteau étincelant pour la joie de ses yeux à elle, invisibles, et je sais enfin que ce n’est la défaite d’aucun homme, mais seulement le triomphe de la mer, et sa gloire, tout ceci, et alors, alors, HOSANNAH, HOSANNAH, HOSANNAH POUR ELLE, la mer immense, océan mer, plus puissante que tous les puissants, plus merveilleuses que toutes les merveilles, HOSANNAH ET GLOIRE A ELLE, maîtresse et esclave, victime et bourreau, HOSANNAH, la terre s’incline sur son passage et de ses lèvres parfumées lèche les bords de son manteau, SAINTE, TROIS FOIS SAINTE, berceau de tous les nouveau-nés et ventre de toutes les morts, HOSANNAH ET GLOIRE A ELLE, le havre de tous les destins, le grand cœur qui bat, le commencement et la fin, l’horizon et la source, la souveraine du néant, la maîtresse du grand tout, HOSANNAH ET GLOIRE A ELLE, reine du temps et maîtresse des nuits, la seule et l’unique, HOSANNAH car l’horizon lui appartient, et vertigineux est son sein, profond et insondable, ET GLOIRE, GLOIRE, GLOIRE au plus haut des cieux car il n’est pas de ciel qui en Elle ne se reflète et ne se perde, et il n’est pas de terre qui à Elle ne se soumette, Elle l’invincible, Elle la sœur chérie de la lune, la mère attentionnée des douces marées, que devant Elle s’inclinent tous les hommes et qu’ils lancent vers Elle leurs chants de HOSANNAH ET GLOIRE car Elle est en eux, et en eux grandit, et ils vivent et meurent en Elle, et Elle est pour eux le secret et le but et la vérité et la condamnation et le salut et la route unique vers l’éternité, et il en est ainsi, et il continuera d’en être ainsi, jusqu’à la fin des jours, qui sera la fin de la mer, si la mer doit finir, Elle, la Sainte, la Seule et l’Unique, l’Océan Mer, et que pour Elle on chante HOSANNAH ET GLOIRE jusqu’à la fin des siècles. AMEN. »

« En équilibre sur le bord de la terre, à un pas de la mer déchaînée, reposait, immobile, la pension Almayer, plongée dans l’obscurité de la nuit comme un portrait, gage d’amour, dans l’obscurité d’un tiroir. »

BARICCO Alessandro, Océan mer, 1993


Si j’organise un pèlerinage à Turin pour se prosterner devant l’immeuble de Baricco, qui vient ?

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Bande son : Cat Power - Babydoll
Livre du moment : Baricco - Océan mer
Humeur du moment : ce mec est un Dieu.

/ edit : il suffit que je place trois mots d’italien dans les commentaires pour avoir des bots de ce même pays qui débarquent. o_0

I walked into a hospital where none was sick and none was well





Déjà trois semaines. Trois semaines de canicule. Trois putains de semaines où je me sens rôtir de 11h à 22h. Cette ville est un four et je suis un steak. Je vis volets et rideaux fermés, ventilo à fond, et je contemple avec frénésie ces grandes feuilles de papier à moitié griffonnées moitié tâchées, et je me dis haha, apparemment, tu as une étiquette collée sur ton front depuis ta naissance, gamine. Mais je souris, oui. Mon sirop à la framboise à 1,80 francs est également devenu mon meilleur ami, mais je veux bien des cookies.

Plus le temps passe, plus je rêve d’un road-trip en Californie avec passage obligé de quelques jours à San Francisco, au volant d’une Mini décapotable, of course, avec de la putain de musique à t’en faire trembler le pavillon. Evidemment, je n’te parle pas de groupes en bermuda avec imprimé camouflage, car je t’avouerai que ça a tendance à faire sortir mes globes oculaires de leurs orbites respectives, tout comme à la vue d’une étagère « Littérature italienne », bien que ce ne soit pas pour la même raison.

A ce propos, je suis restée environ une demi-heure à fixer mes deux derniers livres de Baricco (City et L’âme de Hegel et les vaches du Wisconsin), comme si les ouvrir allait tuer une sorte d’équilibre unique. Ou un putain de plaisir. Alors je les regarde, je les prends, je passe doucement mes doigts sur la tranche, et je les renifle à plein nez. Quand un livre sent bon, c’est un putain de bon livre, et je peux te jurer qu’ils sentent le paradis. Je me retrouve donc avec un livre quelconque entre mes mains, car je n’ai pas encore osé lire ne serait-ce qu’une seule phrase de City, de peur de gâcher l’inconnu, la nouveauté. Oui, je suis atteinte, je sais.

Sinon, rappelez-moi d’éviter de me faire une tartine baguette parisienne + nutella quand je regarde mes stats, parce qu’il faut pas croire, mais s’étouffer sur son clavier, c’est moyen. Ami lecteur, à toi de retrouver l’intrus (quel jeu rigolo-areuh-areuh).

« elle nique grave »
« mains tremblent etudiante infirmiere »
« coupe sexy pour homme au cheveux fin »
« photos seins grosses aureole »
« cure qui bande petite sirène »
« recherche grosse degoutante »

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Bande son : Leonard Cohen – Teachers
Humeur du moment : Domino (la pic’ en provient).
Et puis aussi : l’Allemagne reste la seule équipe que je soutienne un minimum.

/edit : hop, le nouveau layout promis depuis des lustres !

I was cleaning the air of the human race





Bon, une petite liste pour résumer un peu. Et puis j’aime les to-do-list transformées, oui.

- vraiment, les keywords, ça m’éclate. J’ai des ‘blog couple excité’, ‘blog cuisses de femme’ et autre ‘blog coquin filles’ tous les jours. C’est SU-PER !
- j’ai eu un 6/6 en arts visuels et ma moyenne annuelle risque d’être fort intéressante.
- j’ai appris que mon chien de 11 ans avait un cancer de l’iris gauche... et le 6 juin, on va lui enlever son pauvre œil... alors maintenant, moi je l’appelle ‘mon pirate’.
- n’oubliez pas que le 9 juin, c’est la Sainte Diane ! Des t-shirts lafraise, ou autres vêtements seront reçus avec amour. Et, au pire, si vous avez peur de me penser trop mince et/ou trop grosse, ma wishlist est toujours là. HIN HIN HIN.
- je reçois des mails de gens dont je n’ai rien à foutre, mais aussi des mails de P., et CA, ça n’a pas de prix (pour tout le reste il y a MasterCard)(le bourrage de crâne, y a que ça qui fonctionne).
- j’ai entamé les répét’ avec O. pour le 18 juin. Et, définitivement, le son de violon dans les aigüs me hérisse le poil.
- se balader sur parano.be, c’est encore plus hilarant que les keywords. A tel point que je cours smeusser O., qui s’hilarifie la gueule avec moi. Foufoufou.
- j’ai mené Noémi sur la voie bariccienne, ce qui m’donnerait presque envie de sautiller dans ma piaule. D’abord avec Sans sang, puis Océan mer. Je me sens un peu gourou sur les bords du coup. Et puis il faut avouer que lire du Baricco, ça te fait l’effet d’une bombe qui exploserait au beau milieu de ton ventre, t’obligeant à te tordre de bonheur. Oui, de bonheur.
- j’ai jusqu’à fin juin pour finir et envoyer ma participation à ce f*cking concours de nouvelle pour le PIJA 2006. Et je compte finir ce que j’ai commencé, pour une fois, tiens. Faudrait juste que je bouge un peu ma graisse là.
- pour conclure, une converse rigolote avec ma mère :

- Kyrieeeeeeeeeeeeeeeeeeee !!!
- Nan nan, là tu nous fais le Gloria.
- Le Gloria de Vivaldi ?
- Mmh ouais.
- Okay, alors attends... attends... kyrieeeeeeee... de qui rieeeeeeeeez-vouuuuuus ?
- Putain...


(Je précise qu’après, elle est partie dans un trip « je joue de la trompette avec ma bouteille d’eau », et oui, j’aime ma mère.)

« C’est ça, sûrement, cette histoire des fils, pensa Horeau : ils naissent avec en eux ce que la vie, chez les pères, a laissé à moitié. Si jamais j’avais un fils, se dit Horeau en coupant méticuleusement une fine tranche de viande à la sauce myrtilles, il naîtrait fou. »
Châteaux de la colère d’Alessandro Baricco

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Bande son : Syd Matters – End and start again
Humeur du moment : :]
Et puis aussi : pic’ pourrie, mais les arc-en-ciel, ça m’fait gonfler les pommettes.

IT’S SHORT JUST LIKE YOUR TEMPER



Il y a très peu de livres qui font cet effet-là. Dévorer chacune des phrases écrites en noir et imaginer chaque espace et chaque instant de chaque ligne.
Tous les livres de Baricco l’ont, cet effet-là.

« Dans la campagne, la vieille ferme de Mato Rujo demeurait aveugle, sculptée en noir contre la lumière du crépuscule. Seule tache dans le profil évidé de la plaine. »

« Mais Tito ne s’arrêtait pas, il se mit à hurler de plus en plus fort, BON DIEU MAIS QU’EST-CE QUE T’AS FAIT ? en secouant el Gurre comme un pantin, BON DIEU MAIS QU’EST-CE QUE T’AS FAIT ? il l’avait soulevé de terre et il n’arrêtait pas de le secouer en l’air, jusqu’à ce que Salinas se mette à hurler à son tour, ARRÊTE IMMÉDIATEMENT, MON GARS, on aurait dit trois fous, abandonnés sur une scène éteinte, ASSEZ MAINTENANT !
D’un théâtre en ruine. »

« L’homme regardait autour de lui sans rien voir. Il était dans ses pensées.
La férocité des enfants, pensait-il.
Nous avons bouleversé la terre d’une manière si violente que nous avons réveillé la férocité des enfants. »

« L’homme hocha légèrement la tête.
- Mais rien n’arriva, parce qu’il manque toujours quelque chose à la vie pour être parfaite.
La femme, la cuillère entre les doigts, regardait le gâteau, posé sur l’assiette, comme si elle était en train d’y chercher la serrure.

De temps en temps quelqu’un frôlait la table en jetant un regard sur eux deux. C’était un couple étrange. Ils n’avaient pas les gestes de deux personnes qui se connaissent. Mais ils se parlaient tout près. Elle, elle semblait s’être habillée pour lui plaire. Aucun des deux n’avait de bague au doigt. On aurait dit peut-être des amants, mais d’il y avait bien longtemps. Ou frère et sœur, pourquoi pas.
- Que savez-vous d’autre sur moi ? demanda la femme.
L’homme eut envie de lui poser la même question. Mais il avait commencé à raconter, et il comprit qu’il aimait ça, que peut-être il attendait depuis des années le moment de le faire, une fois pour toutes, dans la pénombre d’un café, avec trois musiciens, dans un coin, à scander en trois-quatre des airs de danse appris par cœur.
[...]
La femme leva son regard de l’assiette.
- Vous avez des enfants ?
- Non.
- Pourquoi ?
L’homme répondit qu’il faut avoir foi dans le monde pour faire des enfants. »

« - Mon père était un père magnifique. Vous ne me croyez pas ? Et pourquoi ? Pourquoi cette histoire devrait-elle être plus fausse que la vôtre ?
- ...
- On a beau s’efforcer de vivre une seule vie, les autres verront mille autres vies dedans, et c’est pour ça qu’on n’arrive pas à éviter de se faire du mal.
- ... »

« Ils descendirent devant un hôtel qui s’appelait California. L’enseigne grimpait à la verticale le long des quatre étages de l’immeuble. Elle était faite de grandes lettres rouges qui s’allumaient l’une après l’autre. Quand le mot était complet, elle clignotait un peu, puis s’éteignait complètement et recommençait à la première lettre. C. Ca. Cal. Cali. Calif. Califo. Califor. Californ. Californi. California. California. California. California. Noir. »

« Alors elle pensa que, même si la vie est incompréhensible, nous la traversons probablement avec le seul désir de revenir à l’enfer qui nous a engendré, et d’y habiter auprès de qui, un jour, de cet enfer, nous a sauvé. Elle essaya de se demander d’où venait cette absurde fidélité à l’horreur, mais elle s’aperçut qu’elle n’avait pas de réponse. Elle comprenait seulement que rien n’est plus fort que cet instinct de revenir là où on nous a brisé, et de répéter cet instant pendant des années. En pensant seulement que ce qui nous a sauvé une fois pourra nous sauver à jamais. Dans un long enfer identique à celui d’où nous venons. Mais clément tout à coup. Et sans sang. »


BARICCO Alessandro, Sans sang, 2003


Je n’suis pas monomaniaque, ou alors juste un peu...

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Bande son : Bright Eyes – Easy lucky free
Humeur du moment : brrr.
Et puis aussi : des rayons de soleil dans les cheveux.