I’D RATHER DANCE WITH YOU

Elle achète des bouquets de fleurs par 5. Un pour la cuisine, un pour le salon, un pour le hall et deux pour sa chambre à coucher.
Elle croit que quand elle prend sa douche, un de ses voisins se rince l’œil car il aurait percé un trou dans le mur.
Elle retient sa tête dans ses mains le temps que la chaise bascule pour de bon.
En dégringolant elle a oublié de retenir entre ses doigts un fil, un cheveu, un souvenir. Un concept s’en va et dix catastrophes s’enchaînent, mais elle invite les pulsions. Elle déjoue les plans. L’abeille bourdonne, elle fait mouche, elle ingurgite, crache et recrache le monde en concentré. Elle palpite entre le global et l’inclassable. La nausée déborde et l’ancre est jetée par-dessus son dos, les impasses s’enroulent, les prises se branchent, se débranchent mais elle qui reste là. Elle peint l’overdose jour après jour, elle tourne en rond dans l’arène. Deux mouvements qui se suivent, et un saut dans le vide. Elle passe son tour, au suivant. Elle craint l’avenir à reculons, écœurée, apeurée. L’instinct s’enfuit, la poudre est blanche et le robinet coule, découle et passionne les mots qui se collent les uns aux autres sans amortir l’illusion qui s’engouffre dans le vide et les pneus qu’on éventre et qui crient, ils ne modèrent jamais.
Elle vit en ayant la certitude qu’un jour sa vie changera.
Elle précise les gestes où pendent les apparences et l’assurance qu’accumule la foule qui s’enfuit.
Elle indigne le passé. Elle construit le présent. Elle efface le futur.
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bande son : kings of convenience - homesick
humeur du moment : des mots.
et puis aussi : pic by podobycko.

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